Evolution des salles de cinéma

Evolution des salles de cinéma

19 janvier 2022 0 Par myiae

Autrefois, le cinéma n’était pas les salles noires, confortables et silencieuses que l’on connaît aujourd’hui. C’est pourquoi, nous vous proposons un rapide historique des innovations que le cinéma a pu connaître jusqu’à maintenant.

 

Les éléments marquant du cinéma

Avec les frères Lumières, émergent les prémices de la cinématographie. Cependant, cette invention n’a qu’un intérêt purement scientifique. En effet, cette première projection le 28 décembre 1895, s’adressait uniquement à un public curieux de découvrir une nouvelle expérience. Afin de créer leur cinématographe, les frères Lumières s’inspirent du Kinétoscope qui permettait qu’une seule personne puisse regarder un film. De ce fait, le cinématographe utilise un film perforé de 35 mm de largeur passant par l’obturateur avec une vitesse de 16 images par seconde, fonctionnant à l’aide d’une manivelle. Il est ainsi moins bruyant et plus léger, et les images paraissent donc plus fluides à l’écran.

https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2019/02/comment-les-freres-lumiere-ont-invente-le-cinema source de l’image ci-dessus.

Rapidement, les projections cinématographiques deviennent une distraction pour la haute bourgeoisie. Les diffusions se déroulent dans des salles de spectacles, de revues ou de cafés-théâtres pour ce public bourgeois, dans une ambiance civilisée et silencieuse, où le seul bruit était celui de la bobine tournant de l’appareil.

Par la suite, le cinéma va se populariser, et va se répandre jusque dans les fêtes foraines où le public est plus populaire et y a accès sous forme d’attraction.

Les premières salles de cinéma spécialement dédiées voient le jour dans les années 1900. Ces salles reprennent les divisions des théâtres avec des gradins dédiés à la haute société et une fosse pour les classes plus populaires. Ils deviennent des lieux hautement sociaux où l’on vient se rencontrer, discuter et manger, et où la projection passe presque au second plan.

Le silence dans le cinéma se fait petit à petit puisque tout d’abord les films sont de durées plus longues en se rapprochant d’une heure environ alors qu’auparavant, les projections ne durent qu’un quart d’heure. De ce fait, le film était beaucoup plus plaisant, puisqu’il y avait une intrigue et la musique faisait son apparition afin de cacher le son de la projection et surtout d’accompagner les images à l’écran. Dans les années 1920, une nouvelle manière de profiter du cinéma fait son apparition puisque des ciné-clubs se mettent en place, le principe était assez simple : on paie une cotisation et on peut voir un film que l’on a choisi en comité réduit et avec un groupe qui partage les mêmes goûts cinématographiques.

Le Drive-In fait fureur dans les années 70 notamment avec les bus servant de salles de cinéma itinérantes ou encore bien sûr, la généralisation de la possession de voitures aidant. On pouvait désormais venir regarder un film directement dans sa voiture. Aujourd’hui la plupart de ces cinémas dits alternatifs sont assez rares de nos jours, mais depuis l’ère du Covid-19, certains font leur retour.

 

 

Apparition du son au cinéma :

 

En 1926, aux États-Unis apparaît le vitaphone permettant la synchronisation du film projeté avec le son. C’est la firme Western Electric qui a mis au point ce système. Warner, grande entreprise de production de films, croyait au potentiel du Vitaphone. Elle créa donc une filiale afin de financer le projet et ainsi l’expansion du produit dans les salles de cinéma. C’est ainsi que le 6 août 1926 fut projeté à New York : Don Juan, le premier film proposant du son et de l’image en même temps par cette technique. Un phonographe et un appareil de projection combiné avec un moteur électrique permettait de faire fonctionner les 2 appareils en même temps. Une fois le disque positionné, il tournait en 33 tours/min et non plus en 78 tours/min comme la majorité des phonographes de l’époque afin d’obtenir un rendu plus long avoisinant 10 minutes par face. En revanche, bien que le système fonctionne parfaitement la plupart du temps, la fragilité des disques et le risque de désynchronisation feront que le vitaphone sera abandonné dans les années 30. Pour donner place à une piste son optique sur la pellicule elle-même.

https://musecine.wordpress.com/2013/05/09/1927-1929-lapparition-du-son/

 

Au moment où les plus grands studios américains décidèrent d’arrêter de produire des films muets, la production de films se fit en anglais. Se crée alors un autre souci : la barrière de la langue. Les studios proposent alors des sous-titrages en Europe, mais provoquent le rejet dans de nombreux pays. L’idée de départ assez ubuesque fut alors de reproduire les films par des acteurs locaux. Par exemple lors de collaboration entre deux ou trois pays maximum, quelques acteurs seulement changent puisque la langue était connue. C’était notamment le cas de productions de la région Benelux où la langue parlée est commune. En 1932, le doublage s’impose puisque le matériel nécessaire était désormais à disposition. On enlève de la bande-son les dialogues destinés aux versions internationales et c’était ainsi à chaque mixeur national d’implémenter sa version nationale.

 

La couleur au cinéma :

 

Herbert Kalmus en 1932 met en place une caméra soustractive à trois bandes fonctionnant toujours avec le principe du noir et blanc mais en y ajoutant trois couleurs “Technicolor trichrome”. A partir de cela, la diffusion était possible par une mécanique ressemblant à une imprimante. En effet, la pellicule enregistrée était directement encadrée par une couleur correspondant au choix du réalisateur. En revanche, le choix de couleurs était mince, se limitant à trois (bleu, vert, jaune). Cette technique fut notamment utilisée pour la diffusion en 1937 par les studios de Walt Disney : “Blanche-Neige et les Sept Nains”. Kalmus signera une exclusivité de 5 ans du produit avec la marque tant la technique enthousiasme les foules. L’exclusivité ne durera finalement qu’une année à cause de l’incroyable bouleversement que cette invention créa au sein de l’industrie cinématographique.

https://www.cineclubdecaen.com/analyse/couleur.htm

 

L’apparition de la 3D au cinéma

 

Dans les années 50, arrive la 3D au cinéma. Afin de pallier au désintéressement de la population américaine préférant  regarder la télé tranquillement à la maison, l’industrie propose des films en relief à l’aide de lumières polarisées. Le matériel utilisé en salle était standard pour l’époque, il s’agissait de deux projecteurs couplés permettant de former une seule et même image à l’écran. La technique fut améliorée lorsque l’idée de positionner en post-production les deux images issues de deux appareils distincts apparus, créant une monobande qui facilitait le travail des projectionnistes. Les deux images sont ensuite placées l’une au-dessus de l’autre. Sur l’objectif du projecteur unique l’on place un instrument optique faisant office de prisme créant la superposition de deux images sur l’écran.

 

Les premiers films en cinémascope

 

          Le cinémascope est ce qui a permis d’avoir l’aspect panoramique de l’image au cinéma. Créé en 1953, il a pour but de relancer l’économie cinématographique en quête de renouveau. Les studios Century Fox sont les principaux contributeurs de cette révolution. Grâce à un objectif déformant l’image. Cette invention est inspirée de l’hypergonar, créé en 1926 par le français Henri Chrétien où l’on plaçait une lentille cylindrique devant l’objectif. L’image est ainsi comprimée dans le sens horizontal au moment des prises de vue, et sera étirée fidèlement aux proportions à la projection avec une image panoramique de qualité.. Les salles du monde entier en seront équipées à partir de cette date.

https://fr.wikipedia.org/wiki/CinemaScope

 

Système Dolby

 

          En 1972 arrive le système Dolby en salle améliorant bien sûr la qualité audio dans les salles. Développant de base des systèmes de réduction de bruit pour le domaine musical, Ray Dolby s’attaque au cinéma par le même procédé avec le “Dolby NR-A”. En 1976, Dolby pousse encore les limites en inventant le “Dolby Stéréo” qui révolutionne la suite du cinéma : tout en conservant la réduction de bruit, il permet également la distribution du bruit en “surround” c’est-à-dire un son qui entoure le spectateur. Le Dolby Stereo sera énormément utilisé dans les salles de cinéma puisque la compatibilité avec les projecteurs stéréo et mono sont ceux parmi les plus utilisés à l’époque.

 

Le cinéma numérique

 

            Le cinéma numérique applique la diffusion d’œuvres cinématographiques à partir de disque dur ou à l’aide d’un réseau de télécommunications remplaçant ainsi le film argentique. A partir de 2006 grâce à l’impulsion des États-Unis à investir dans la projection numérique, elle se démocratise dans les salles américaines. Mais ce n’est qu’en 2009 que son apogée est atteint par le succès planétaire d’Avatar de James Cameron, plébiscité par le public notamment pour sa version 3D. L’Europe et l’Asie ont suivi le chemin, tant le succès était au rendez-vous avec des prouesses aussi bien au niveau de l’amélioration visuelle mais également au niveau du rendu audio extraordinaire. Tout se fait automatiquement dans les coulisses : le métier de projectionniste change complètement avec cette innovation. Il suffit désormais de réceptionner un fichier sur le net ou bien physiquement avec un disque dur puis de le télécharger. S’en suit alors une programmation de la salle sur le jeu de lumière et du son émis par les hauts-parleurs afin que le tour soit joué. Le métier de projectionniste se rapproche plus aujourd’hui à celui d’un informaticien qu’à celui qu’il était auparavant. En juillet 2011, plus de la moitié des cinémas français disposent du numérique.

 

Le laser ultra

 

De nombreuses nouvelles technologies amélioreront l’expérience du spectateur en salle afin de garder l’attractivité de ce dernier et de toujours créer en lui une raison de se rendre au cinéma. Le laser ultra, par exemple, repose sur un projecteur laser ayant la capacité d’affichage pouvant atteindre les 4K en 2D comme en 3D. Cette technologie permet lors de la diffusion à l’écran de bénéficier de lumière plus éclatante avec un spectre beaucoup plus large qu’avec un projecteur standard n’utilisant pas des lampes à xénon. De plus, les couleurs sont bien plus naturelles et le contraste est plus élevé. Bien que plus lumineuse, cette technique offre une consommation énergétique inférieure à celle traditionnellement utilisée.

 

ScreenX

 

La technologie ScreenX permet une projection panoramique à 270 degrés dans les salles de cinéma. Cette technologie a été développée en 2012 par la société sud-coréenne CJ 4DPLEX. Les premières salles ScreenX ont fait leur apparition en France en 2018 au sein des cinémas Pathé Beaugrenelle et Pathé La Vilette. Le ScreenX permet de faire en sorte que les séances soient une expérience intense, unique et immersive pour le spectateur, grâce à une technique de prise d’image avec trois caméras ce qui permet donc d’avoir une impression d’être aux côtés des personnages, et donc au cœur de l’action.

Terminons par une touche moins technologique mais qui est un apport tout aussi intéressant aux salles de cinéma.

 

Le pop corn au cinéma : Pourquoi consomme-t-on du pop corn au cinéma ?

 

En 1893, Charles Cretors, confiseur américain invente une machine à vapeur permettant de faire griller des cacahuètes par paquets de 5 kilos. L’invention coïncide en fait avec l’invention du cinéma bien que ce ne soit pas réellement une réussite dans les salles au départ.

En 1920, il est catégorisé comme populaire puisqu’il ne coûte que quelques centimes, donc a priori accessible à un large public. Il est donc vendu devant l’entrée des enseignes de cinéma mais pas forcément accepté dans les grandes salles par les gérants. En effet, la clientèle de l’époque étant plutôt huppée n’était pas nécessairement disposée à entendre des bruits de mastication pendant les séances, surtout que les films étaient bien évidemment muets.

C’est “grâce” à la Grande Dépression des années 30 que le pop-corn a réussi à se démocratiser; les cinémas le proposant ont pu survivre à cette terrible crise. Aujourd’hui il est toujours consommé en salle salé ou sucré selon les goûts, faisant retentir son bruit au plus grand dam de certains.