Festival international du film fantastique de Gérardmer (Partie 1)

Festival international du film fantastique de Gérardmer (Partie 1)

9 février 2022 0 Par myiae

Festival international du film fantastique de Gérardmer

 

Compte tenu de notre participation au festival durant le week-end du 29 au 30, nous avons décidé de vous présenter un bref historique du festival, de ses invités notables et de vous rendre compte de notre week-end passé dans la ville de Gérardmer à cette occasion.

 

Histoire du festival :

 

Le genre fantastique est un genre cinématographique très divers. Ce genre regroupe des films qui font appel au surnaturel, à l’horreur, à l’insolite et aux monstres. Ces films sont caractérisés par un mélange du réel et de l’imaginaire amenant à une intrigue irrationnelle, ou bien irréaliste. Le cinéma de science-fiction se rattache au fantastique car il met en scène des faits qui sont considérés comme impossibles et qui s’accompagnent parfois de l’horreur ou de l’épouvante. Evidemment, le cinéma fantastique tire son nom de la littérature du même genre, et à même commencer par l’adaptation d’œuvres classiques comme Frankenstein ou le Prométhée moderne ou encore Dracula.

 

Ce festival est né en 1973 grâce au festival international du film fantastique d’Avoriaz qui, lui, s’est déroulé jusqu’en 1993. Il y a donc eu un changement de lieu par la suite et c’est la commune des Vosges nommée Gérardmer qui a été choisie pour accueillir l’événement.

 

Le festival a connu différents noms : tantôt appelé “Fantastica” jusqu’en 1996 puis “Fantastic’Arts” afin de montrer l’ouverture de ce dernier à d’autres formes artistiques que seulement le cinéma. On y retrouve entre autres des concours de dessins et de nouvelles fantastiques ainsi que des prix pour les décorations de vitrines. C’est à partir de 2009 que le festival reprend son nom originel de « Festival international du films fantastique» (ou plus simplement appelé maintenant « Festival de Gérardmer »). De plus, depuis 1971, ce festival est accompagné chaque année d’une émission de radio (France bleu et France culture notamment) permettant de couvrir son entièreté avec diverses critiques ou informations sur ce qui s’y passe.

 

Cet événement se tenant chaque année en présentiel a dû être annulé en 2021 en raison de la pandémie actuelle. L’évènement s’est donc tenu à distance avec la remise de prix habituelle. Cette année pour la 29ème édition, le festival se tiendra du 26 au 30 janvier 2022. Des films notables ont été présentés dont le fameux slasher “Scream” en 1997 ou encore “Jack et le Haricot magique” en 2001. On retrouve ainsi au fil des années une multitude de film (déjà diffusés ou non) diamétralement différents pouvant réjouir la majeure partie des fans du genre fantastique.

 

Invités notables, prix et films présents :

 

Chaque année des invités plus ou moins prestigieux sont conviés afin de présider le jury qui décernera les prix et ainsi épauler le ou la présidente. Cette année, c’est Julie Gayet, actrice française de talent et de renom, qui apportera sans aucun doute son expertise en tant que présidente du jury aux côtés d’invités d’honneur tels que  Nicholas Meyer et Edgar Wright.

 

Le premier est un réalisateur, scénariste et écrivain connu pour avoir écrit et réalisé le deuxième et sixième opus de la saga culte qui est Star Trek. (Star Trek 2 : La Colère de Khan 1982, Star Trek 6 : Terre inconnue 1991). Le second est un réalisateur, scénariste et producteur spécialisé surtout dans le cinéma d’horreur et la comédie. Il est également connu pour avoir réalisé le film Baby driver en 2017, la trilogie “Cornetto” ou plus récemment l’année passée, Last Night in Soho.

 

 

Le jury décerne 7 prix en tout : le Grand Prix, le Prix du Jury, le Prix de la meilleure musique originale, le Prix du Public (où les spectateurs votent pour leur film préféré), le Prix de la Critique (décerné par un jury composé de journalistes), le Prix du Jury Jeunes de la Région Grand Est et enfin le Prix du jury SYFY (avec des passionnés du genre).

 

Le jury se compose de : Alexandre Aja (réalisateur français), Suliane Brahim (actrice française), Valérie Donzelli (scénariste française), Mélanie Doutey (actrice française), Bertrand Mandico (cinéaste français), Grégory Montel (acteur français) et enfin Pascal-Alex Vincent, spécialiste du cinéma asiatique .

 

En terme de longs métrages en compétition en cette année 2022 sont : Samhain | You Are Not My Mother de Kate Dolan, Post Mortem de Péter Bergendy, The Sadness de Rob Jabbaz, Eight for Silver de Sean Ellis (film d’ouverture du festival 2022), La abuela | The Grandmother de Paco Plaza, The Innocents de Eskil Vogt, Ogre de Arnaud Malherbe, She Will de Charlotte Colbert, Ego | Hatching de Hanna Bergholm et aussi Mona Lisa and the Blood Moon de Ana Lily Amirpour.

 

Les films courts métrages en compétition en cette année 2022 sont : Friandise de Rémy Barbe, Mantra de Stef Meyer & Pascal Bourelier, La Verrue de Sarah Lasry, La Croix de tes doigts de Sullivan Arthuis et enfin Charge mentale de Benjamin Malherbe.

 

 

 

 

 

 

 

Notre participation au festival :

 

Nous voici donc après Gérardmer. Avant de parler des films, sachez qu’on a passé un excellent week-end. Arrivés le vendredi soir dans un hôtel qui ressemblait à s’y méprendre à l’hôtel Overlook de The Shining, nous avons pris la route pour dîner au bord du lac de Gérardmer. Une vue à couper le souffle sur le paysage vosgien, un très bon repas, puis quelques débuts de glissades, et notre voyage fantastico-horrifique commença.

 

Grégoire et Nathan vont proposer une critique chacun des films visionnés. Vous aurez donc deux critiques pour chaque film à l’exception de The Cursed (Eight for Silver) et Egō.

 

Réveil à 7h00, départ à 8h00, arrivée au Casino de Gérardmer à 8h30. Situé au bord du lac, pas très grand mais juste assez pour contenir une horde de cinéphiles enragés. Les festivaliers s’installent, la salle s’assombrit et le jingle du festival commence, des cris retentissent à la fin de celui-ci, des applaudissements et la séance commence. Ainsi le festival démarra de la meilleure des manières avec le premier film “La Abuela”. Quoi de mieux qu’un film d’horreur pour commencer la matinée après tout ?

 

La Abuela

Paco Plaza. Date de sortie : inconnue

La Abuela, premier film que nous ayons vu de la compétition, nous a tout de suite mis dans le bain.

 

Réalisé par Paco Plaza, qui a entre autres été co-réalisateur des 3 premiers films de la célèbre saga REC, la Abuela raconte l’histoire de Susana (Almudena Amor), mannequin espagnole habitant à Paris. Un jour, sa grand-mère Pilar (Vera Valdez), est victime d’un AVC. Étant la seule famille restante de sa grand-mère, Susana rentre en vitesse à Madrid prendre soin de celle-ci en attendant que quelqu’un puisse s’occuper d’elle à temps complet.

Mais d’étranges phénomènes vont commencer à se produire.

 

Critique de Grégoire :

 

Quel merveilleux sentiment que de sortir d’une salle en ayant vécu un vrai moment de pure flipette, tout en ayant visionné un film sachant maîtriser à ce point l’outil cinématographique.

 

Je ne vais pas faire durer le suspens, ce film est facilement dans mon top 3 du festival.

Paco Plaza a parfaitement su maîtriser son art, le souci du détail sur chacun des plans est à couper le souffle. La maîtrise des ombres, des lumières, des silhouettes… Plusieurs fois Plaza va s’amuser à jouer avec le décor, notamment en faisant apparaître une multitude de fois le visage de son héroïne à l’aide de son décor. Le film est plastiquement impeccable.

 

Plaza parvient également à filmer l’horreur d’une façon admirable. Il va plusieurs fois se servir du corps âgé pour créer un malaise, sans pourtant jamais porter un regard pervers ou dénigrant dessus.

 

Mention spéciale évidemment à ses interprètes, Almudena Amor et évidemment Vera Valdez qui est absolument ter-ri-fiante dans le rôle de Pilar.

 

Le tout est sublimé par un scénario habile et intelligent, bien que prévisible, mais je ne considère pas cela comme quelque chose de mauvais.

 

Note de Grégoire : 4/5

 

 

Critique de Nathan :

 

Notre premier film du festival et je dois dire que j’ai été franchement très surpris. Moi qui ne me suis pas spécialement pris les autres films du réalisateur à savoir la série des Rec (sauf peut-être le premier) ni Veronica, cela m’a fait plutôt plaisir de voir qu’il était absolument capable de réaliser quelque chose qui me plairait sur plusieurs points.

 

Le souci lorsque l’on fait des films d’épouvante c’est de tomber dans la facilité des jumpscares comme le font beaucoup trop de films ces dernières années. En faisant cela, on troque beaucoup trop de l’ambiance et du malaise contre quelques sursauts sympathiques et drôles (en y repensant) le temps de quelques secondes.

 

Or Paco Plaza nous propose ici une sorte de conte en huis clos dans un appartement de Madrid qui va réussir à tenir son ambiance tout au long du film à l’aide d’une esthétique léchée (certains plans et jeux de lumière sont réellement magnifiques) et d’acteurs plus que convaincants. Le fait que la grand-mère ne puisse plus communiquer verbalement instaure un sentiment de malaise d’autant plus lors des scènes d’hystéries.

 

Tout au long du film il y aura bien évidemment un rapport très fort au temps : le corps vieilli de Pilar souvent filmé, les miroirs, le temps figé, les répétitions de phrases, les regards de Susana envers ses propres affiches et la scène du double miroir qui renforce le fait que Susana semble avoir peur de vieillir. Tout cela permet également d’ajouter un sentiment de gêne chez le spectateur qui sera, pour sûr, tenu en haleine jusqu’à un final néanmoins très prévisible de par des éléments qui seront venus avec des gros sabots tout au long du film pour vous indiquer le destin final de ces protagonistes.

 

Bémol donc sur le final mais également sur la bande-son qui ne propose pas grand chose de réellement marquant entre deux guitares amenant une touche très espagnole.

 

Note de Nathan: 4/5 également, le film était plus que réussi.

 

 

 

Après ce premier film franchement réussi, nous avons pris quelques minutes de pause, le temps d’échanger nos pensées sur ce premier film du festival autour d’un café qui n’était pas de refus pour nous donner un peu d’énergie. A la suite de cette discussion, nous sommes directement repartis dans la salle du casino où se déroulait également notre seconde séance qui était celle de “Mona Lisa and the blood moon”

 

 

 

 

 

 

Mona Lisa and the blood moon

Ana Lily Amirpour, date de sortie : inconnue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec un titre aussi intriguant, Mona Lisa and the blood moon n’est pourtant pas une histoire portant sur La Joconde mais sur une fille du même nom interprétée par Jeon Jong-seo (The Call) s’échappant d’un hôpital psychiatrique au moyen d’un don surnaturel d’hypnose au travers d’un simple regard avec la personne. Elle fera la rencontre de plusieurs personnages assez affirmés tels que Fuzz, dealer et DJ vivant dans un trip permanent qui semble fasciné par Mona Lisa ou encore d’une strip-teaseuse avide d’argent et de son fils trop souvent laissé de côté.

 

 

Critique de Grégoire :

 

Après l’entrée en matière de la Abuela j’avais hâte de continuer à regarder des films, si c’est pour ressentir un tel plaisir.

Et quelle ne fut pas ma déception. Après des 15 premières minutes plutôt rigolotes et mettant bien en bouche le concept du film, ce dernier ne cesse de se perdre, ou plutôt de ne jamais avancer et donc de faire du sur-place, et quelle gachi.

 

Le film a entre ses mains un concept intéressant, qui peut être utilisé tantôt avec le plus grande bêtise du monde et ainsi devenir un tant soit peu ludique, ou  tantôt être utilisé dans quelque chose d’un peu plus sérieux, mais non. Le film ne s’envole jamais, ne s’amuse jamais avec son concept, ne l’exploite jamais. Ses interprètes ne sont jamais investis.

 

Puis le film est assez pénible à regarder : le même effet sonore à chaque fois que Mona Lisa utilise ses pouvoirs, une mise en scène qui ne change jamais, une musique insupportable (le fait qu’il est remporté le prix de la meilleure musique me surprend un peu). Finalement, ce film est fait avec une fainéantise assez impressionnante.

 

Mona Lisa and the Blood Moon est ceci dit pas trop moche, et Craig Robinson me fait étrangement mieux passer l’expérience.

 

Note de Grégoire : 1.5/5

 

 

Critique de Nathan :

 

La Abuela désormais dans la poche, c’est avec grand plaisir que j’attaque cette deuxième séance.

Que va donc nous proposer cet intriguant film dont je ne connaissais même pas le synopsis ?

 

Dès les premières minutes du film, on croit être fixé : de la violence, un pouvoir, un personnage très mystérieux et une musique très présente. Le film se veut-il très violent et actif ? Y a-t-il un carnage en vue après cette évasion de l’hôpital psychiatrique ? Comment ce pouvoir va-t-il être mis à profit ? Et tout cela dans quelle quête ? Une recherche d’identité ? De pouvoir ?

 

Quelle ne fut pas ma surprise quand au bout d’1h40 de film, il n’y avait toujours rien à l’écran. Sincèrement, ce film était d’un vide tellement décevant.

Le personnage dispose d’un pouvoir franchement intéressant et qu’est-ce que le réalisateur lui fait faire sur tout le film ? Hypnotiser plusieurs fois un policier et également des personnes afin d’obtenir de l’argent. C’est tout. Tout ce qu’il se passera pendant le film c’est voler de l’argent pour la go-go danseuse sur fond d’histoire de famille (mère/fils) brisée et clichée. Mona Lisa and the blood moon est dénué de tout enjeu dramatique et comme le film ne raconte rien on imagine difficilement une deuxième lecture pouvant apporter une certaine profondeur au film.

Le mystère qui entoure Mona Lisa tout au long du film restera intact puisque l’on n’apprendra absolument rien de plus sur elle si ce n’est ses origines ou encore le fait qu’elle sache de mieux en mieux formuler ses phrases au fur et à mesure que le film avance.

 

Le tout pour un final ô combien long, je n’avais qu’une hâte : que la scène se termine et que je puisse sortir car ma déception avait atteint un point de non-retour concernant ce film.

 

Certains plans sont en effet jolis et les lumières apportent un charme mais d’autres sont absolument incompréhensibles. Mention spéciale à la bande-son qui, même avec des transitions douteuses, apporte un côté fun, trippy et un rythme à ce film mais ce sera bien la seule manière dont ce dernier sera apporté.

 

Mention spécialement également au personnage interprété par Ed Skrein qui semble être non pas un personnage touchant mais un harceleur sexuel.

 

En résumé: s’il n’y a rien à raconter, le mieux est parfois de ne pas faire de film.

 

Note de Nathan : 1/5

 

 

Et c’est ainsi que s’est terminée notre matinée mi-figue mi-raisin. Deux paninis et un potage plus tard nous nous sommes dirigés à l’Espace du Lac, non loin du beau lac de Gérardmer, toujours endormi dans un froid glacial.

 

 

Compétitions courts-métrages

 

En plus de la compétition des long-métrages, se tient aussi une compétition des court-métrages qui se tenait en une seule séance de 1h30. Sur les 5 films en compétition nous en avons visionnés 3 par faute de temps. Nous allons donc vous parler de La Verrue, de Mantra, et de la Croix de tes Doigts.

 

Après la présentation rapide des films par les réalisateurs, le premier film commence.

 

La Verrue :

 

Salomé est une jeune fille comme les autres dans une famille comme les autres. Un jour, pendant qu’elle jouait avec sa sœur et son père, une verrue apparaît sur son nez. A partir de là, son père commence à la fuir comme la peste, sa famille s’autodétruit, jusqu’à l’irréparable.

 

Critique de Grégoire :

 

C’est toujours un peu compliqué de parler des court-métrages, il s’agit souvent des premiers projets de réalisateurs, qui proposent souvent des choses radicales. Je vais donc essayer de rester clair.

 

J’ai moyennement aimé ce court. Je n’ai jamais vraiment réussi à rentrer dedans. Est-ce que la verrue est censée être une métaphore du mal-être de l’enfance ? Est-elle là pour parler du rapport entre parents et enfants ?

 

Je suis un peu embêté parce que j’ai l’impression d’avoir regardé quelque chose qui se croît être trop intelligent, mais qui ne l’est jamais assez pour que je ne comprenne pas ce qui se passe à l’écran. C’est vraiment très étrange comme sensation.

 

Mais si je devais résumer ce court en une phrase ce serait : aussitôt vu, aussitôt oublié.

 

Note de Grégoire : 2/5

 

Critique de Nathan :

 

Je n’ai pas spécialement vu énormément de courts-métrages mais il s’agit toujours, comme pour les nouvelles, d’un exercice qui est plus souvent casse-gueule que réussi à mon sens tant il est difficile d’accrocher le spectateur et d’en dire assez sur son histoire ou sur ses personnages dès le premier visionnage.

 

La verrue est donc un récit moderne, traitant du rejet, de l’incompréhension et de la toxicité sur fond de ménage à trois. Dis comme ça c’est très spécial et ce court métrage dispose certainement de plusieurs grilles de lectures étant donné qu’il n’explique pas tout et reste ouvert.

 

Ce qui m’a plu, c’est la manière dont est traitée le père et sa relation avec l’enfant. Au début très sympathique et de plus en plus dégoûtant au final. Les plans à l’allure de rites étaient également très sympathiques. Le jeu d’acteur l’était malheureusement un peu moins. Certaines scènes semblaient également être des doublons et ce récit aurait gagné à être un poil plus réduit.

 

Note de Nathan : 3/5

 

Mantra :

 

Emma et Paul viennent d’emménager dans leur nouvelle (immense) maison. Paul doit néanmoins partir pour un voyage d’affaires, et laisse alors Emma qui n’aime pas la solitude, dans une maison bien trop grande pour elle, et avec pour seule compagnie les insectes du vivarium de Paul, notamment une mante religieuse.

 

 

Critique de Grégoire :

Heureusement, le deuxième court-métrage m’a bien plus plu.

 

Probablement le plus inspiré des court-métrages que nous avons vu au niveau de sa plastique. Et ô combien un film qui a de la gueule est en capacité de me plaire.

Vous vous doutez néanmoins de la fin en lisant le synopsis et le titre, mais reste un film encore une fois magnifique esthétiquement et une belle interprétation de Maud Meyer (Emma).

 

Note de Grégoire : 3/5

 

Critique de Nathan :

 

Ce deuxième court-métrage est magnifiquement bien réalisé. C’est beau, c’est bien filmé, l’ambiance est tout à fait prenante, les lumières sont jouissives mais la fin est d’un prévisible…

Je n’avais peut-être pas connecté mes neurones mais semble-t-il qu’il n’y ait pas spécialement d’autres lectures que ce que le film tend à nous proposer ? C’est un peu dommage et facile de raconter ce que ce court métrage veut nous dire mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier ces quelques minutes en sa compagnie.

 

Si l’acteur pouvait un peu plus articuler cela serait fortement sympathique, quand bien même il n’est resté que deux ou trois minutes à l’écran.

 

Note de Nathan : 3/5

 

 

La croix de tes doigts :

 

Béatrice et Hermès vivent esseulés près de la nature et de Dieu. Béatrice rêve de mettre au monde un enfant mais enchaîne les fausses couches…

 

Critique de Grégoire :

 

Le dernier court-métrage quant à lui m’a achevé dans tous les sens du terme.

Il est exactement ce qu’il ne faut pas faire pour votre première réalisation. Je ne suis même pas capable de vous expliquer un peu le scénario tant que ce dernier est vide et creux. Situé probablement au Moyen-Âge, La Croix de tes Doigts s’ouvre sur une fausse couche d’une paysanne, avec à ses côtés son compagnon/amant appelez-le comme vous voulez, et des trucs bizarre se passent.

 

Quand vous tournez votre première réalisation, montrez que vous savez un minimum manier une caméra, que vous avez un minimum d’idées créatives sur votre mise en scène, sur vos plans, et surtout, ne vous montrez pas plus intelligent que vous ne l’êtes. Ce film c’est tout l’inverse. Sullivan Arthuis est bien gentil, mais il faudrait ne pas prendre son spectateur pour un abruti, ou en tout cas ne pas se sentir supérieur à lui.

 

Il est persuadé d’avoir réalisé quelque chose de censé, de réfléchi, alors qu’il s’agit ni plus ni moins que d’un énorme navet.

 

Il n’y a aucun plan marquant, tout le film se déroule dans un pauvre champ. Le film ne comporte aucun dialogue, ce qui se trouve être insupportable au possible, on se contrefout des personnages, la photographie est attroce, c’est tout gris.

 

C’est techniquement pitoyable, scénaristiquement indigent et profondément prétentieux.

 

On peut être aussi amené à penser que le film parle de la chrétienté, ou en tout cas qu’il s’agit de son sujet principal et que nenni. La croix est utilisée à un moment dans le film, moment important mais son utilisation en elle-même est anecdotique.

 

Bref, je ne vais pas m’attarder plus sur le travail de ce cher Sullivan. J’espère juste que son prochain court-métrage sera moins prétentieux.

 

Note de Grégoire : 0.5/5

 

 

Critique de Nathan :

 

Une honte, tout simplement, je pense que tout a été dit. Ce court-métrage prétentieux et fantasmant sur lui-même ne méritait à mon sens absolument pas d’être dans la sélection. Même le réalisateur ne savait que dire sur son film. Franchement très déçu de ne pouvoir avoir vu les autres qui me parlaient

 

Note de Nathan : honteux/5

 

Après cette torture que fut la Croix de tes Doigts nous avons du partir en vitesse à l’autre bout de la ville, à la salle du Paradiso, pour un film que nous avions très hâte de voir : The Sadness.