Festival du film fantastique (Partie 2)

Festival du film fantastique (Partie 2)

23 février 2022 0 Par myiae

The sadness

Robert Jabbaz, Date de sortie : 6 juillet 2022

 

Que se passerait-il si lors d’une pandémie mondiale toutes les personnes contaminées se mettaient à assouvir leurs pulsions les plus violentes ? Le film va suivre à Taïwan Kat et Jim, un couple assez banal qui sera confronté aux pires atrocités pouvant avoir lieu autour d’eux. Le film est absolument violent et est destiné à un public plus qu’averti.

Critique de Grégoire :

 

J’avais personnellement très hâte de découvrir le film. En sélectionnant la séance la semaine passée, nous avions lu le synopsis. Comment dire que c’était déjà dans la poche.

 

L’humanité est plongée dans une pandémie depuis déjà quelques années, pourtant aucun masque n’est porté pendant la première heure du film, à partir de là c’est déjà génial. Mais maintenant, si le virus mutait une fois de plus et transformait les personnes contaminées en sadique et pervers sexuels ultra-violents ? Alors là mesdames et messieurs c’est fantastique.

 

Je ne suis pas le plus grand connaisseur des films de zombie, mais je dois dire qu’au-delà de son aspect ultra déjanté, le film arrive à nous faire ressentir une tension pour ses personnages. On veut les voir survivre, on veut les voir tuer du psychopathe en masse.

Ce que j’adore d’autant plus, ce que ces “zombies” ne sont au final en aucun cas des zombies, ce n’est pas un virus qui transforme les humains en mort-vivants. Ce virus fait ressortir les pires côtés de l’être humain en alliant la violence primitive, sanglante, effrayante, à l’instinct animal. C’est absolument génial à voir et à vivre et je trouve ce concept dantesque et le film le pousse à son paroxysme. Il est constamment dans cette ultra-violence, cette ultra-gratuité, cet ultra-sadisme. On notera néanmoins que certaines séquences sont filmées hors-champ, pour laisser un minimum d’imagination au spectateur. Ça tâche, ça fait mal, ça crie et c’est absolument insupportable. La première partie est géniale. Le film a par la suite tendance à s’enfermer sur lui-même, il se transforme en une espèce de huis-clos et il devient moins inspiré bien que toujours ultra-satisfaisant.

 

Une fois son concept retiré, la mise en scène est très simple et peu de plans sont réellement marquants à la rétine, mais ça n’enlève en rien le plaisir (ou le dégoût) du visionnage.

 

Évidemment comme dit plus haut, si vous ne supportez pas la vue du sang et de la gratuité ultra-violente, ne tentez pas l’expérience, ce n’est pas utile. Preuve à l’appui pendant notre séance : une personne a fait un malaise après les 20 premières minutes, ce qui a amené les projectionnistes à mettre en pause le film et à rallumer les lumières pour que cette personne puisse être évacuée. De plus, 10 à 15 autres personnes sont parties tout du long du reste du film.

 

Mais si vous voulez tenter l’expérience, rendez-vous le 6 juillet dans les salles obscures.

 

Note de Grégoire : 3.5/5

 

Critique de Nathan :

 

Je me suis rendu à ce film, une fois de plus sans réellement savoir de quoi il allait en retourner plus que le synopsis étant donné que je n’avais pas vu de trailers. Et ce serait franchement réducteur de dire que c’était juste bien tant j’ai pris mon pied pendant cette séance devant les effusions de sang et le grotesque de certaines scènes.

 

Le film est ultra-violent et va faire quasiment tout ce qu’il pourra faire de gore tout au long et ne se fixera aucune limite si ce n’est quelques plans non-filmés qui resteront à l’imagination des spectateurs. Mais même avec cela, il faut y aller en âme et conscience que ce film pourra fortement vous rebuter.

 

Au-delà de ça, The Sadness propose une pandémie qui fait ressortir littéralement tout ce qui est mauvais en nous. C’est comme si l’on avait poussé le “ça” de Freud au paroxysme des pulsions enfouies qu’il peut déclencher. Si vous êtes adepte des zombies du film “Dernier train pour busan” vous retrouverez quelques similitudes dans ce film (bien que cela soit des contaminés et non des zombies), les histoires de romances laissés plutôt de côté pour faire place à une violence gratuite tout au long.

 

Il nous est proposé deux protagonistes et le film nous poussera au début à croire qu’il ne se concentre que sur Jim alors qu’en réalité la deuxième moitié sera bien plus centrée sur Kate et le final également.

 

L’ambiance était absolument folle (dans tous les sens du terme) et le film ne laissait que très peu de répit entre quelques cris. J’ai rarement vu de scènes aussi prenantes et horrifiques, pouvant même me mettre mal à l’aise alors que c’est tout à fait mon genre de films.

 

Je reconnais que le film s’essouffle fortement sur la durée, que la photographie, bien qu’elle ne soit pas le point des plus importantes pour ce genre de film, et sa fin ne soient pas ses points forts mais que voulez-vous… Je suis bien trop client de ce genre de films et possiblement biaisé par cela mais j’ai trouvé que The Sadness était une très bonne réussite sur bien des points. Bémol également sur la bande-son très aiguë par moment accompagné par les cris de pauvres citoyens se faisant massacrer étant donné que le cinéma disposait d’enceintes qui rendaient le tout franchement désagréable par moment à cause de la saturation sonore.

 

Note de Nathan : 4/5

 

 

Fin d’après-midi, on se met à la recherche de notre dîner. On décide de partir sur un bon burger bien gras pour se remettre de nos émotions. Puis nous voilà repartis pour la toute première séance d’un des plus gros films de la compétition, et le seul français, Ogre.

 

 

Mais avant de parler du film en lui-même, nous sommes bien obligés de parler de l’avant. Cette année le festival de Gérardmer rendait un hommage à Edgar Wright, réalisateur britannique, maître de la comédie et de l’horreur, et dont nous sommes tous deux très fan du travail, que ce soit dans Shaun of the Dead, Baby Diver, ou plus récemment Last Night in Soho.

 

Un hommage au cinéaste a d’abord été rendu par Alexandre Aja en personne, avant qu’Edgar Wright monte lui-même sur scène pour accepter son prix et réciter son discours. Bien qu’en soit tout à fait formel, ça a été un réel plaisir de pouvoir apercevoir en vrai ces monstres absolus du cinéma d’horreur, en espérant que leurs carrières puissent s’envoler encore plus haut.

 

« Bien que je me sente un peu jeune pour recevoir ce prix, je l’accepte en me disant que je ferai de mon mieux pour continuer à faire des films de genre pour que vous puissiez tous en profiter. »

 

Maintenant on va rire.

 

Ogre

Arnaud Malherbe, date de sortie : 20 avril 2022


Chloé (Ana Girardot), institutrice, et son fils Jules (Giovanni Pucci) emménagent dans une maison en plein milieu de la campagne française. L’installation se passe bien mais ils découvrent très vite que le village, en particulier les enfants, sont très hostiles à leurs égards. Puis, des cas de massacre de veaux et de disparitions d’enfants sont recensés. Jules est persuadé qu’un Ogre rôde la nuit dans le village.

 

 

Critique de Grégoire :

 

Réadaptation du célèbre mythe de l’ogre, le film se présente donc comme un conte pour enfants. Alors, sur le papier je suis très excité, réadaptation d’un mythe, actrice que j’aime beaucoup (Ana Girardot je vous aime), ambiance lugubre.

Maintenant quand vous donnez ça à un réalisateur avec aussi peu d’idées c’est tout de suite beaucoup plus triste.

 

Le film était l’une de mes attentes, déjà passé à Deauville, le voir à Gérardmer était une opportunité que je ne pouvais manquer. Et quelle déception.

 

Le film est profondément raté. Je ne vais pas m’attarder dessus, je trouve que c’est un véritable gachi. C’est le degré zéro de la mise en scène, pas de mouvement de caméra, des plans fixes qui nous endorment, deux à trois plans marquants sur un film de 1h43. Bref, c’est criminel.

 

On sent cette pauvre Ana Girardot en roue libre. Et à trop vouloir en faire un conte pour enfant, on tombe dans le kitsch le plus total, et l’ogre ne devient plus qu’une grosse blague et n’est à aucun moment menaçant. De plus, on pouvait penser à la vue de la bande-annonce ou de l’affiche que le film allait passer une certaine partie de son temps dans la forêt. Ahah, qu’est-ce qu’on se marre, la quasi-totalité du film se passe au sein du village dans un décor peu inspiré.

 

Si il y a un truc à sauver c’est la relation entre les enfants et cette espèce de discrimination malsaine qui en ressort. Et la relation mère/fils entre Chloé et Jules n’est pas désagréable.

 

Bref, le meilleur moment de la séance c’est quand je me suis levé de mon siège pour me rapprocher parce que je voyais rien. Je me suis retrouvé juste derrière Arnaud Malherbe et deux rangs derrière Edgar Wright. J’avais envie de mettre ma main dans ses cheveux…

 

Note de Grégoire : 1/5

 

Critique de Nathan :

 

Comment prendre Ogre simplement comme un conte lorsqu’il essaie en vain de nous terrifier ? C’est là une partie du mal du film. Arnaud Malherbe n’arrive pas à nous surprendre et à créer un réel enjeu ou un danger autre que celui de l’imminence dans quelques scènes où l’ogre (pas terriblement bien fait) apparaît réellement. Giovanni Pucci, aussi jeune soit-il, arrive à tenir la barre mais c’est autour de lui que réside également le problème avec des acteurs peu convaincants.

Cependant, il fait le bon choix de ne pas tomber dans les jumpscares simples et inutiles alors qu’il pourrait parfaitement le faire au travers de l’appareil auditif que porte le garçon.

Le personnage du docteur est plus que douteux dans sa manière d’être mis en scène. Je pense également aux enfants qui n’apportent pas réellement quelque chose dans la profondeur de lecture avec leur harcèlement.

 

Je reconnais néanmoins un certain travail agréable du son mais à côté de cela j’aurais aimé voir par exemple plus de forêt, qui se révèle être particulièrement inquiétante, couplée à une perte de l’appareil auditif par exemple ce qui aurait pu renforcer l’aura inquiétante du film et faire prendre une autre dimension à l’ogre bien que cela passe par l’enfant et non l’ogre en lui-même.

 

Le petit village était donc agréable visuellement et je me disais que ses habitants, fortement inexploités par le film, cachaient forcément un secret. A partir de là je me suis mis à imaginer bien des choses et des explications quant au film qui ne sélectionnera rien de ce que j’avais imaginé, au profit d’un final “bisounours” qui se justifiera simplement par “Oui mais c’est un conte”. Soit, mais la mayonnaise n’a pas spécialement pris de mon côté.

 

Pourquoi donc appeler ce film Ogre si ce film se veut plus socio-dramatique que centré sur ce même ogre qui est finalement un personnage secondaire? Je me questionne beaucoup et je pense surtout que ce film aurait tellement pu faire mieux…

 

Note de Nathan : 2/5

 

Ce film a donc marqué d’une assez mauvaise manière la fin de notre première journée au festival qui avait pourtant bien débutée. Il n’en reste pas moins que nous avons pu voir des créations fortement sympathiques qui ont permis d’équilibrer la balance et l’ambiance était plutôt bonne et joyeuse. En route pour un retour à l’hôtel, le temps de faire un débrief de la journée. Une bonne douchée et un petit somme plus tard et un des films les plus attendus également nous tendaient les bras en ce samedi matin.

 

The innocents

Eskil Vogt, date de sortie : 9 février 2022

Film donc très attendu traitant de quatre enfants relativement différents qui vont se découvrir des pouvoirs à l’abri de leurs parents. La bonne humeur et la découverte de ces dons vont vite couper court lorsqu’un des quatres enfants va se mettre à agir douteusement.

 

Critique de Grégoire :

 

Une autre de mes grosses attentes du festival. Déjà passé par Cannes où j’avais cru entendre de bons échos, et parlant de gosses ayant des super-pouvoirs, ça ne pouvait que m’intriguer.

 

Le film s’ouvre sur la famille d’Ilda, la cadette et de sa grande sœur autiste Anna. A leur retour chez eux, le quartier est vide, tout le monde est en vacance. Ilda va alors rencontrer d’autres enfants et des pouvoirs vont commencer à se développer.

 

C’était réellement passionnant. Je suis particulièrement friand des films qui arrivent à réinventer le genre du super-héros à une sauce différente de celle que nous cuisine Marvel depuis 14 ans. Découvrir de nouveaux pouvoirs en assistant en même temps à la cruauté dont peuvent faire preuve les enfants, c’est quelque chose de passionnant.

 

D’une mise en scène diaboliquement efficace, on a ce sentiment que les enfants sont toujours ensembles malgré la distance qui peut les séparer par moment. Le danger est absolument constant.

 

Et les enfants sont également très convaincants dans leur jeu d’acteur.

 

Et comme l’a souligné Nathan, c’est brillant d’arriver à rendre le film terrifiant alors que le film se déroule constamment en pleine journée sous un soleil de plomb. Ça peut nous rappeler d’une certaine façon Midsommar. Un cauchemar ensoleillé.

 

Note de Grégoire : 4/5

 

Critique de Nathan :

 

Je vais faire relativement court afin de ne pas trop en dire. En dehors de quelques longueurs et de plans que je m’imaginais être intéressants lorsque je regardais le film, j’ai absolument adoré et encore plus en y repensant. Je n’ai qu’une hâte tout comme pour The Sadness ou La Abuela c’est de revoir ce film.

 

Choquant par moments et douloureux, The Innocents propose un récit qui va faire basculer les journées doucement ensoleillées où résident les quatre enfants dans une montée de violence que l’on n’attendait pas. Le fait que tout le film soit prenant et inquiétant par moment alors que les scènes se passent quasiment toutes en plein jours avec une météo plus qu’agréable est un tour de force surprenant d’Eskil Vogt. Les questions sur les pouvoirs, leurs découvertes et qui les maîtrisent sont dépourvues de clichés et cela fait du bien de s’écarter des super-héros.

 

Et en parlant de super-héros : les personnages sont tous plus ou moins grisés. Ce sont des enfants qui sont dépeints d’une manière tellement réaliste que ça en est parfois inquiétant. On peut regretter l’absence de background sur les enfants, en particulier sur celui qui sera déviant : on sait que sa mère est en partie la cause mais cela ne me semble pas assez justifié ou suffisant.

 

Une belle photographie, ce qu’il faut de musique, des acteurs très convaincants, des personnages variés, des enjeux explicites, un final logique mais non déplaisant. Qu’attendez-vous pour aller le voir ?

 

Note de Nathan : 4.5/5

 

 

The Cursed (anciennement “Eight for Silver”)

Sean Ellis, date de sortie : inconnue

 

C’était ma dernière attente du festival. On me promet un film de loup-garous avec un casting plein de personnes que j’aime, je suis évidemment partant. Kelly Reilly, Alistair Petrie, Boyd Holbrook, des gens qui au mieux j’adore le jeu et le physique, ou qui au pire, m’ont l’air sympathique.

The Cursed nous plonge dans la campagne française, à une période indéterminée de l’histoire. Le conflit entre les propriétaires des terres et les bohémiens fait rage. Après un bain de sang commis par le riche propriétaire Seamus Laurent (Alistair Petrie), des phénomènes étranges se passent, des enfants disparaissent et des créatures apparaissent ? Est-ce l’œuvre d’une malédiction ? Est-ce une bête assoiffée de sang ?

 

Pour être honnête, j’ai entendu de très mauvaises choses sur le long métrage au début du festival. En effet, il s’agissait du film d’ouverture de cette année et on sait que les films d’ouverture ne sont généralement pas les plus qualitatifs. J’avais donc très peur en m’installant d’être très déçu.

 

Finalement, je m’attendais à franchement pire. Je trouve le film remarquablement bien mis en scène, il arrive à créer une ambiance extrêmement froide et lugubre. Sean Ellis arrive parfaitement à dompter l’obscurité, et le film m’entraîne tout de suite dans sa chasse à la bête sauvage. Et ce même à 14h00 le dimanche après-midi après avoir mangé un munster entier et un plat de lasagne. Je vous avoue que j’ai failli m’endormir au moins une quinzaine de fois, pourtant le film ne m’a jamais perdu.

 

En fait, le vrai problème du film repose sur son manque de moyen, on voit les mêmes décors, on voit les mêmes scènes, les mêmes plans. L’utilisation à outrance du brouillard sert sûrement de cache-misère. Le récit avance mais le film est emprisonné sur lui-même. La créature n’est pas très jolie non plus, et les quelques méthodes de vieillissement utilisées à certain moment ne sont franchement pas réussies.

 

Le film m’est donc extrêmement sympathique, ce n’est pas un ratage, mais c’est le plus mauvais des bons films que j’ai vu à Gérardmer. Si Sean Ellis avait eu un plus grand budget il aurait pu peut-être se libérer et proposer un véritable voyage horrifique.

 

Note de Grégoire : 3/5

 

Egō

Hanna Bergholm, date de sortie en DVD & VOD : 27 avril 2022

Tinja, 12 ans, est poussée en permanence par sa mère à réaliser de manière parfaite de la gymnastique et ayant un contrôle toxique sur elle. La fille fera par la suite la découverte d’un étrange œuf qu’elle décidera de couver et qui donnera naissance à un être inquiétant.

 

Egō est fait pour la double lecture. Pas prétentieux pour un rond comme certains films mais juste ce qu’il faut en termes d’explications et d’éléments narratifs pour donner envie de le voir une seconde fois. Les enjeux y sont explicites et le tout est parsemé d’humour et de dénonciations avec des personnages interprétés par des acteurs superbes (surtout Siiri Solainna). Une mère beaucoup trop perfectionniste, un père maladroit en relations et franchement inutile et un frère qui ne vaut pas mieux qui mèneront à une frustration du protagoniste. Encaissant de plus en plus et au fur-et-à-mesure que son œuf grandira, elle finira par craquer en même temps que l’œuf qu’elle couvera.

Bien évidemment qu’il s’agit d’une métaphore de la noirceur et de la haine qu’elle enfouit à l’égard de ce qu’elle subit et que cette dernière va venir jouer des tours plus ou moins sanglants autour d’elle.

 

Sans jamais en faire trop, que ce soit dans l’humour ou dans le côté violent, Egō atteint un parfait milieu. Le début peut paraître long mais plante un décor un peu trop parfait qui critiquera notamment les utilisations toxiques des réseaux sociaux, de l’emprise des parents sur leurs enfants ou du rôle de l’homme qui sera interrogé avec justesse et au travers de quelques blagues qui seront les bienvenues car elles ne dérangeront en aucun cas l’inquiétude pesant sur le reste du film.

 

La réalisation est aux petits oignons, la bande-son est parfaitement distillée et que dire du monstre ? C’est un tour de force du film : il est parfait. Avec un design inquiétant et évolutif, vous pourriez rapidement voir où le film vous emmène mais ça ne vous dérangera pas le moins du monde tant cela est plaisant et car le film a bien d’autres choses à raconter.

 

Vous l’aurez donc compris, l’adolescent est donc le cœur de ce film superbement réalisé qui vaut bien évidemment le détour et que je ne saurai que trop vous conseiller. Malheureusement, il ne devrait sortir qu’en DVD et VOD et c’est une grande déception que de savoir que bon nombre de personnes passeront à côté…

 

PS: Pour les émétophobes, je doute fortement que ce film vous soit conseillé.

 

Note de Nathan : 5/5

 

Nous nous sommes donc retrouvés autour d’un bon vin pour discuter de ce que nous venions de voir et il semblait que Grégoire n’était pas sorti aussi aux anges de sa sortie que moi-même. Place à la prochaine séance.

 

Saloum

Jean-Luc Herbulot, date de sortie : inconnue

2003, trois mercenaires : Chaka, Minuit et Rafa sont chargés d’extraire un trafiquant mexicain de drogue de Guinée-Bissau avec un beau pactol et vont se retrouver contraint de se cacher dans la région mystique du Saloum, au Sénégal où il va se passer des choses qui les dépasseront.

 

Critique de Grégoire :

 

Drôle de prototype qu’est ce long-métrage. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre et le film m’emmène dans son histoire de vengeance mêlée à des esprits malveillants. Vraiment drôle de spécimen.

 

Le film commence directement par un long plan séquence qui introduit nos 3 personnages principaux. Et pour un film de ce budget, je dois dire être agréablement surpris, la musique folklorique et le dynamisme de la caméra m’ont entraîné dans la lutte de ces 3 mercenaires. Cette lutte pour leur survie.

 

Puis le film prend un tout autre tournant à un certain moment du long-métrage, et là je me sens tout de suite moins investi : la caméra ne sait plus quoi filmer, peu de dialogue ce qui a tendance à m’exaspérer, la mise en scène est moins inspirée. De plus, certains comédiens sont très franchement nullissimes.

 

Néanmoins je pense que le film a été réalisé avec la plus grande honnêteté du monde par Jean-Luc Herbulot. Il m’est ainsi extrêmement sympathique.

 

Note de Grégoire : 2.5/5

 

 

 

Critique de Nathan :

 

Saloum est un film qui traite en grande partie de vengeance. Mélange de genres, je me suis demandé pendant une bonne partie du film qui tourne parfois au western comment allait-il s’inscrire dans le genre fantastique. De la part d’un des trois mercenaires, Minuit, qui est assez proche de l’occulte peut-être ? Pas du tout. Le film fournira une toute autre explication et fera apparaître d’étranges créatures mystiques qui puiseront leur force de la région et de pactes ayant un lien avec un des protagonistes.

 

Le budget n’est pas très grand mais le film est d’une qualité bien plus qu’honnête, il m’a même surpris par moment. Mais là où le bât blesse c’est que certains acteurs sont honnêtement ridicules et jouent comme des collégiens dans un club de théâtre (si on peut même utiliser ce terme plutôt que juste “parler”).

Une bonne touche d’humour, un rythme sympathique, des personnages affirmés et sympathiques mais c’est étonnamment lorsque le côté fantastique survient que j’ai été le moins pris par le film. J’ai trouvé certaines scènes de combats ou d’infiltrations très maladroites.

 

Côté réalisation ou musique, il n’y a rien de tout à fait incroyable, cela fait correctement le travail. Le point faible du film provient donc de certains acteurs mais également de la partie fantastique qui, ironiquement, devait être le point le plus important du film. Le final me semblait plus ou moins logique dans cette quête mais ne m’a pas déplu.

 

Note de Nathan : 3/5

 

 

Finalement, Saloum se révéla être le dernier film de la soirée étant donné que Nathan était assez fatigué et qu’il nous restait encore le voyage retour à effectuer et des cours le lendemain. Pas de chance pour Grégoire étant donné que le film ayant gagné le grand prix fut Egō. Il se rattrapera sur son visionnage mais seulement dans quelques mois.

Le festival a franchement été une réussite pour notre première participation bien que nous n’ayons pu voir tous les films présentés et le cadre y était parfait en cette période glaciale. Nous y retournerons très certainement avec plaisir si l’occasion se présente.