Les remakes

Les remakes

19 janvier 2022 0 Par myiae

Qu’est ce qu’un remake?

Le remake vient de l’anglais « to remake » qui signifie refaire. C’est une reprise ou une nouvelle version d’une œuvre audiovisuelle que ce soit des films, des séries télévisées ou bien des jeux vidéo. Selon les choix des réalisateurs et des producteurs, les films peuvent être plus ou moins fidèles à l’original pouvant aller d’un remake plan par plan (Psycho de Gus Van Sant ou plus récemment Le Roi Lion en 3D de 2019) au remake totalement libre (Piranha 3D d’Alexandre Aja).

On retrouve de nombreux remakes de vieux films, ce qui donne aux spectateurs un sentiment de manque d’inspiration de la part des producteurs. Les remakes sont donc des réécritures de films à succès afin d’attirer les spectateurs. On a donc peu de réécriture de mauvais films, car les réalisateurs et les producteurs ne veulent pas dépenser de l’argent si les films n’attirent pas assez de spectateurs déjà lors de la sortie des ‘originaux’.

Les remakes sont donc variés, touchant des genres très variés et allant même piocher dans les films muets des années 1930.

Pourquoi un remake ?

Les remakes présentent un intérêt en montrant une vision différente d’une même œuvre. Ainsi les différences vont refléter les caractéristiques de l’époque de sa réalisation ou de l’œil neuf du réalisateur. Cela peut être l’occasion de faire des choix idéologiques et politiques, par exemple en remplaçant ou en supprimant des répliques. Ou bien, cela peut être fait en changeant la mise en scène et en modifiant le point de vue comme avec Candyman, l’ancien film de 1992 : la première version était tout de même politisée cependant le remake de 2021 se veut encore plus politisé et en recherche de quête de sens afin de toucher au mieux son époque.

Avec le temps, les innovations technologiques comme l’apparition du son, des couleurs, des animatroniques évolués ainsi que les effets numériques, sont des événements qui permettent aux remakes d’exister : d’anciens films de science-fiction souffrant d’une qualité visuelle moindre (en le regardant maintenant) peuvent par exemple être remis au goût du jour avec des effets spéciaux plus flamboyants que jamais.

Les changements

Les remakes ne doivent pas être m qu’une simple copie d’un film déjà réalisé, il faut que cette nouvelle version apporte son lot de changements afin de rendre le remake attractif et justifier la venue du spectateur.

Il peut y avoir des changements de point de vue : la réalisation du remake décide de se baser sur le point de vue d’un personnage complètement différent de la version originale en changeant de perspective. Comme avec Candyman, pour l’ancien film le point de vue était celui d’une étudiante blanche américaine faisant une thèse sur les légendes urbaines alors que le remake se base du point de vue d’un artiste noir américain qui va s’inspirer de la légende du Candyman pour créer ses œuvres.

Le changement peut être également celui du cadre spatio-temporel. La production peut décider de changer le contexte spatial ou temporel ou bien même les deux afin de recontextualiser le remake. Cela peut être efficace lorsqu’un pays veut s’approprier un film original, comme avec la réadaptation du film japonais Ring par les américains avec The Ring qui contextualise l’histoire de base au Etat-Unis afin de toucher le public américain. Cette technique va permettre au public de pouvoir plus facilement se reconnaître et s’identifier aux acteurs. L’intention à travers le changement temporel est de moderniser le remake afin de toucher un public plus jeune mais aussi la génération du film original.

Les technologies utilisées sont également source de changement. Le recours aux remakes est souvent utile afin de moderniser les films originaux avec l’apparition des nouvelles technologies permettant de rendre les films plus réalistes ou plus modernes. Il y a donc de nombreux remakes de film muet comme celui Nosferatu de 1979.

De même, les changements d’acteurs peuvent permettre à certains publics de mieux s’identifier aux personnages du film. Cela se produit souvent lorsqu’un film asiatique obtient un remake dans un pays européen ou aux États-Unis.

Les apports

L’américanisation des films étrangers notamment des films français est souvent pratiquée par l’industrie hollywoodienne mercantile. Le remake est souvent décrié par les producteurs français, l’apport de ces films est souvent minime avec pour seule but de reprendre une formule ayant marché et de la recopier avec de nouveaux acteurs afin de tenter de surfer dessus. La seule réelle évolution entre les films originaux et ceux adaptés pour le pays de destination se trouve être en réalité une adaptation purement culturelle. Bien évidemment, la langue est modifiée puisque les acteurs ne sont pas les mêmes. Cela paraît être une évidence mais en réalité un film à succès provenant de l’étranger est souvent perçu différemment selon les us et coutumes du pays concerné.

Ainsi le public se retrouvera plus facilement avec des acteurs tels que Kevin Hart remplaçant Omar Sy dans la version américanisée de “Intouchables” ou encore Nicole Kidman. Est-ce que cela a réellement fonctionné ? Pas vraiment et cela vaut pour d’autres tentatives. C’est clair que le casting présent est alléchant mais la volonté de copie conforme de l’original s’en trouve dépourvue d’inattendu. Ces remakes laissent un goût désagréable de vide et d’inoriginalité. Ce genre de remakes s’adresse donc à des américains n’ayant pas vu l’original. Pour ceux ayant vu le premier du nom mieux vaut ne pas tenter l’expérience américaine, trop souvent dépourvue de créativité et de fraîcheur que devrait apporter le nouveau réalisateur.

On comprend donc aisément qu’aux États-Unis la formule magique du remake est souvent trop utilisée à tout va. On ne peut pas en vouloir au bon vouloir des réalisateurs de vouloir moderniser les techniques de prises de vues et d’ajouter la ration d’effets spéciaux dont les spectateurs modernes raffolent. On retrouve parfois de bonnes formules mais là où cela coince depuis quelques années, c’est la volonté à tout pris de moderniser des films anciens pour les rendre plus attractifs notamment pour des publics plus jeunes. Prenons par exemple, King Kong premier du nom est sorti en 1933 à New York réalisé en collaboration par Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack. Il avait reçu les éloges du public à l’époque puisque les effets spéciaux et le gigantisme de Kong était assez novateur pour la période. Alors, en 2017, “Kong : Skull Island”, dépoussière les anciennes versions rendant avec les techniques actuelles “bien meilleure” le rendu final et bien plus plaisant pour un public actuel, puisque l’œil moderne n’a pas la même vision qu’un public ancien moins exigeant de réalisme.

Contrairement à King Kong, les améliorations technologiques de Sonic n’apportent pas une plus value réelle au rendu final.

Effectivement, le remake de Sonic est un échec cuisant dans l’industrie cinématographique. La volonté présente d’améliorer les procédés techniques présents dans le film est en réalité une bonne idée de base, donnant lieu régulièrement à de bonnes réalisations. Sonic est connu principalement par les gamers mais l’étendu de sa réussite a impacté toute une génération : un nouveau film aurait logiquement dû être bien reçu. Malheureusement, le personnage principal qui est l’essence même de Sonic s’en retrouve malgré lui moins plaisant à regarder malgré l’effort fourni par les réalisateurs qui est vain : le visage notamment a dû être modifié plusieurs fois quelques temps avant la sortie du film.

En définitive, si un spectateur a la volonté d’assister à une réalisation avant-gardiste qui se voudrait créative ou révolutionnaire, nous ne pourrions que trop lui conseiller de ne pas se tourner vers les remakes. Malgré l’amélioration notable des techniques et procédés modernes, certaines réalisations restent dépourvues d’imagination pour consolider les succès passés et ainsi les embellir. De même, on retrouve ce phénomène dans les réadaptations de films étrangers, avec une volonté de s’approprier l’histoire. Il en résulte au final quasi systématiquement une copie conforme des scénarios. En revanche, l’environnement spatio-temporel pour des remakes avec des écarts de périodes assez importantes est intéressant même en conservant le scénario initial. Ainsi, ne serait-ce pas plus bénéfique pour l’industrie cinématographique de réaliser des films avec des scénarios singuliers plutôt que de rester dans sa zone de confort ? On vous laisse en juger.