La chronologie des médias

La chronologie des médias

23 février 2022 0 Par myiae

Qu’est-ce que La chronologie des médias ?

 

La chronologie des médias régit l’ordre et les délais des œuvres cinématographiques sur les différentes exploitations. C’est une règle incontournable et très contrôlée. Elle a pour but de sauvegarder l’exploitation en salle des films. C’est donc après un certain délai que les autres formes d’exploitation sont autorisées à les diffuser, ce sont notamment les plateformes de streaming, la vidéo à la demande, le DVD, la télévision.

 

 

L’histoire de La chronologie des médias.

 

La chronologie des médias émerge avec l’arrivée de la télévision. Dans les années 60, on constate une baisse constante de la fréquentation des salles. De plus en plus, les ménages s’équipent de télévision et ont recours aux cassettes vidéos, ce qui devient une vraie menace concurrentielle pour les salles de cinéma. C’est donc à cause de ce contexte que se voit instaurer par décret, une chronologie des médias, au niveau national. Cependant, ce n’est qu’en 1980 que celle-ci se voit imposer au niveau européen.

 

 

Historique du dispositif en France

 

Au départ, le dispositif imposait un délai d’un an entre la sortie du film et sa disponibilité en vidéo. A la fin des années 1990, l’Union Européenne décide que cette chronologie des médias doit être discutée et décidée entre les professionnels eux-mêmes, et non plus par la réglementation. Un premier accord a lieu en 2005, avec de nouveaux délais. Ces délais peuvent être parfois flexibles si le film est un succès commercial, les délais peuvent être plus longs. Mais aussi l’inverse, si le film a des résultats plus faibles, les délais peuvent être raccourcis. Par la suite d’autres changements ont eu lieu notamment en 2009 et 2018. Dans les années 2018, le changement de la chronologie des médias permet de réduire les délais pour les films qui ont fait moins de 100 000 entrées après 4 semaines d’exploitation. C’est pour cela que l’on retrouve pas des blockbusters tel que Endgame ou encore Spiderman sur les différentes plateformes numérique mais aussi les chaînes de télévision de premier plan qui malgré leur influence n’accèdent pas à ce genre de contenu qui se veut exclusif au cinéma français. Les délais de 2018 étaient les suivants :

 

 

En ce début d’année, un changement important concernant les diffusions de films pour la chaîne cryptée française Canal+ mais aussi pour la plateforme américaine de streaming Netflix présente dans plus de 190 pays. En effet, dans la plupart des pays où la plateforme est présente les délais sont minime, la France fait figure d’exception en ce qui concerne les chronologies des médias. Le pays ayant comme tradition de protection de l’industrie notamment celle nationale, les délais furent importants jusqu’à l’accord signé le 24 janvier 2022.

 

Une nouvelle chronologie des média en 2022

 

L’accord valable pour cette année 2022 est évolutif puisque d’autres plateformes de streaming concurrentes de Netflix avaient la volonté de se calquer à minima sur les délais de la plateforme. Par exemple, Disney+ trouve dommage que la négociation se soit déjà stoppé puisqu’elle comptait du moins s’instaurer durablement dans le cinéma français qui est le plus gros en Europe. Elle compte diffuser ses créations originales française dès à présent uniquement sur sa plateforme afin de faire pression sur l’industrie, contrairement à ce qu’était la politique du passé de l’entreprise qui avait la volonté de soutenir la filière française en diffusant en salle leurs films. En revanche, la ministre de la culture Roselyne Bachelot indique que ce n’était pas sa volonté de donner un avantage concurrentiel à Netflix, elle fut même étonnée de s’apercevoir de la non contre-proposition de Disney+ à celle émise par Netflix.

Cependant, l’avantage de Netflix est dû à une promesse de la part du service de streaming d’investir entre 20 et 30 millions par an dans le cinéma français,  en particulier pour financer des films à faible budget.

 

A compter du 10 février 2022, l’accord entrera en vigueur:

 

 

Unification des pratiques :

 

Énormément de spectateurs aimeraient que ce type de délai soit raccourci ou simplifié. Une sortie au cinéma 2 ou 4 semaines précédant la diffusion sur les plateformes de streaming ou encore les chaînes de télévision. Pour toute création diverses et variées l’idéal serait d’unifier les pratiques afin de simplifier l’offre proposée au grand public et ainsi améliorer la compétitivité de plateformes actuellement loin derrière Netflix qui est bien évidemment majoritaire sur le marché francophone. Si l’on se réfère au public américain qui, nous le savons, est différent de celui français en termes d’exigence de production, un film comme ‘Godzilla vs Kong’ a connu un succès retentissant en salle aux États-Unis alors qu’il sortait au même moment sur les plateformes de streaming HBO.

 

 

En définitive, malgré la volonté de permettre aux spectateurs de bénéficier d’un délai moins important qu’auparavant, il en résulte une disparité en termes de pratique entre les différents médias français et cela peut relever du léger casse-tête pour le spectateur lambda qui peine à s’y retrouver. Cela est dû notamment à une réglementation française qui se veut conservatrice pour son cinéma afin de rester en Europe la n°1. Tous les moyens sont utilisés par le ministère de la culture pour favoriser le secteur. En revanche, le spectateur désireux d’exclusivité se retrouve lésé en comparaison à l’industrie étrangère où la réglementation est beaucoup plus souple.

La question qui peut se poser à l’avenir est de savoir si les délais pourraient être similaires à ceux à l’etranger en dépit de notre réglementation française bien trop exigeante. Si l’on suit le modèle se pratiquant en Outre-Atlantique les films pourraient sortir quasiment en simultané. En arriver là ne serait peut-être pas une solution mais tout du moins s’en rapprocher encore plus pour ne pas brusquer une industrie qui a été réticente jusqu’à aujourd’hui.